Hantes-Wihéries (Erquelinnes) :
Potentialités urbanistiques et patrimoniales.
Si Hantes-Wihéries est ressentie comme la «commune des paysages et des fontaines», en réalité, ses richesses sont bien plus que cela. On peut mettre en évidence ses qualités méconnues de Hantes-Wihéries comme fleuron du patrimoine wallon, tant par l'homogénéité du coeur aggloméré, que par le maintien de l'ambiance rurale et la beauté des paysages.
Présente dans le paysage, la Hantes ne pénètre pas le noyau villageois mais les nombreuses sources qui le jalonnent sont ponctuées de petites fontaines, éléments traditionnels de la vie des villages et de convivialité de l'espace public.
Sur le plan du bâti et des espaces, Hantes-Wihéries possède un noyau ancien particulièrement bien préservé. Actuellement, une vingtaine d'édifices sont repris à l'Inventaire mais aucun monument d'Hantes-Wihéries n'est classé (l'église Saint-Rémy et la ferme d'En Haut ont des pastilles dans l'Inventaire et donc sont considérées comme à classer). L'ancien moulin du Grand-Pré réaffecté en restaurant et gîte est une potentialité positive.
I. L'élément «eau» dans le paysage
Les éléments intéressants sont :
la présence de fontaines (4) aux formes diverses (sources aménagées, pompe et lavoir) au coeur même du village, comme petit patrimoine à préserver et objet d'une campagne de sauvegarde;
la présence d'une zone verte naturelle à proximité du noyau bâti, marqué par le cours de la Hantes.
Les problématiques à améliorer :
la qualité des eaux dans les fontaines et les sources et leur entretien pour éviter les odeurs et désagréments : même si un projet de sauvegarde est en cours et satisfait la population, l'aspect de l'eau plutôt glauque de certaines ne les met pas en valeur pour le visiteur extérieur;
renforcer la protection de la vallée de la Hantes par un classement comme site.
II. L'image ancienne des rues et places
L'ambiance dominante du noyau villageois est l'image rurale (délimitée en zone d'intérêt culturel, historique et esthétique, au Plan de secteur). L'élément le plus remarquable est la cohésion très forte du bâti et de l'espace par une très belle implantation des bâtiments suivant les tracés sinueux de voiries ou les particularités du relief. L'unité du bâti lui-même est renforcée par la présence de badigeons blancs suivant la tradition rurale ancienne.
L'attachement exprimé par les habitants consultés se marque principalement pour le cachet d'ensemble des rues, le petit patrimoine, et le patrimoine paysager.
L'embellissement fleuri de nombreuses façades montre la sensibilité d'habitants pour la mise en valeur de leur patrimoine. Toutefois, on déplore quelques interventions dénaturant l'ensemble. Au vu de celles-ci et pour éviter que ce mouvement ne s'amplifie, il serait opportun d'adopter un règlement de manière à ce que les constructions nouvelles respectent les caractéristiques du bâti ancien.
Les éléments intéressants sont :
l'ensemble des rues résidentielles offrant une image homogène des XVIIIème et XIXème siècles, avec la typologie des maisons basses traditionnelles (de 2 à 5 travées) en moellons chaulés : rue de l'Eglise, rue des Fontaines, rue du Vieux Moulin, rue du Cheneau, place Robaulx;
de même, la qualité des cheminements au coeur du village qui ont gardé leurs caractéristiques anciennes de respect du relief, dégageant de superbes perspectives sur le bâti;
la présence de bâtiments ruraux, comme les fermes d'En Bas et d'En Haut. Cette dernière est un exemple remarquable de ferme en quadrilatère très bien préservé et bien inscrit dans le paysage en bordure directe du noyau bâti;
la présence de chapelles ou potales, petit patrimoine au même titre que les fontaines;
la présence de murs de clôture anciens en moellons bordant de nombreuses prairies d'élevage, souvent en bon état, sont à préserver pour leur rareté et leur grande valeur patrimoniale et paysagère.
Les problématiques à améliorer sont :
l'absence de reconnaissance officielle du riche patrimoine architectural d'Hantes-Wihéries, notamment par l'adoption d'une réglementation afin d'assurer la protection de l'homogénéité des fronts bâtis; il n'y a pas encore d'édifices classés alors que certains mériteraient de l'être (pastilles dans l'Inventaire);
le décapage des façades et la perte des badigeons rompant l'homogénéité blanche des fonts bâtis anciens;
la présence de l'une ou l'autre nouvelle construction non intégrée en rupture avec les caractéristiques architecturales, l'implantation et le gabarit du bâti ancien et ne respectant pas le relief existant;
la disparition dans certaines parties de rues des anciens revêtements de voirie, pourtant remarquablement adaptés à ce contexte par ailleurs très préservé.
III. Le bâti XIXème « Belle Epoque» des rues et des places
Cette ambiance se caractérise plutôt par une typologie architecturale que par un quartier proprement dit. Outre les deux bâtiments phares cités ci-après (château Jaumotte et bâtiments communaux de la place du Jeu de Balle), cette ambiance se retrouve dans quelques façades marquées par des éléments décoratifs - boiseries ou ferronneries de balcons - plus représentatifs du contexte urbain Belle Epoque. Ce mariage avec le caractère ancien se fait sans heurt : d'une part, les interventions sont discrètes et d'autre part, les bâtiments de cette typologie sont le plus souvent en retrait par rapport à la voirie.
Bien que très peu de bâtiments de cette époque soient repris actuellement à l'Inventaire, ils présentent un intérêt indéniable.
Les éléments intéressants sont :
le château Jaumotte, exemple représentatif d'un type nouveau d'habitation né avec la révolution industrielle, les «châteaux d'industrie», symboles de la Belle Epoque;
les bâtiments communaux de la place du Jeu de Balle, patrimoine architectural et social comme point de repère et d'identification ainsi que symbole d'un type traditionnel de patrimoine civil, ici juxtaposant deux fonctions, celles de maison et d'école communales;
la place du Jeu de Balle amène une tonalité verte, rehaussée par la présence d'une fontaine. A l'abri de la circulation, elle offre un espace propice aux rencontres, tant pour les écoliers que pour l'ensemble des villageois.
Les problématiques à améliorer sont :
le potentiel sous-exploité de réaffectation des bâtiments communaux qui pourraient abriter la vie associative locale;
la largeur et la rectitude des voiries qui bordent la place du Jeu de Balle, véritablement excessives dans le contexte d'une entrée de ce noyau bâti aux espaces-rues plutôt étroits et sinueux.